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Actualités et Agenda

Fermeture d’Amzer Nevez

Le territoire du Festival Interceltique de Lorient
ne peut pas laisser la culture bretonne s’effondrer…
Anticipons pour ne plus subir !

Damien Girard - Fermeture d’Amzer Nevez

La fermeture d’Amzer Nevez est une terrible nouvelle pour les acteurs et actrices de la culture bretonne, et pour tout le Pays de Lorient. A l’échelle nationale, il était la seule scène de territoire dédiée à l’esthétique des musiques traditionnelles de Bretagne. Il accueillait le centre de formation Stumdi, des stages, des camps de vacances en breton, de festou noz… Comment les responsables institutionnels de notre territoire ont-ils pu laisser se produire un tel naufrage? 

Le mouvement de solidarité qui a suivi cette triste nouvelle, qui était évitable, à travers une pétition qui rassemble déjà plus de 2000 signatures, est porteur d’espoir.

Je soutiens le collectif d’acteurs de la culture en Bretagne qui a lancé cet appel, et qui se réunira la semaine prochaine à Lorient. Amzer Nevez a reçu de nombreux financements et un soutien fort de la part de la Région et de la Drac, c’est un équipement culturel complet, qui offre de belles perspectives. Il faut rapidement relancer une activité sur le site, pour éviter qu’il ne se détériore, et pour que renaisse une scène de territoire musique traditionnelle. Les lignes budgétaires de la DRAC et de la région doivent être allouées à ce nouveau projet.

Cette fermeture est terrible, mais ça n’est pas une surprise. J’ai organisé une rencontre fin novembre 2024 avec un panel d’acteurs de la culture bretonne, et les inquiétudes étaient grandes pour Amzer Nevez et pour la culture bretonne qui, comme tout le monde culturel, traverse une crise sans précédent. Les alarmes ont manifestement sonné dans le vide trop longtemps, hélas… Des associations comme la fédération Sonerien, Diwan breizh, Sonam’ ont aussi annoncé traverser des crises structurelles violentes. C’est tout un pan culturel et linguistique qui est menacé et dont le modèle apparaît comme en grande difficulté et donc à réinventer. 

J’en appelle à la Ville de Lorient et à Lorient Agglomération pour qu’elles assument pleinement leur responsabilité dans l’avenir d’Amzer Nevez. En 2020, Fabrice Loher s’était engagé à créer un Ti ar Vro, en vain : il reviendra au prochain maire de la ville de rattraper ces six années perdues. Je soutiens ce projet, et je salue Laure Le Maréchal qui défend ce projet avec beaucoup de pugnacité : il pourrait répondre en partie aux besoins actuels. Mais il ne doit pas faire oublier la scène de musique traditionnelle bretonne. Comment expliquer qu’un territoire comme le Pays de Lorient, berceau du Festival Interceltique, ne dispose pas d’un lieu dédié à cette culture vivante ? À un an de la fin du mandat, où en est le projet de Ti ar Vro ? Et surtout, quel engagement concret le maire prend-il pour faire vivre cette culture sur son territoire ?

Monsieur Loher parle d’un choc avec cette fermeture, pourtant, le bruit courait dans le milieu culturel breton depuis plus d’un an déjà : qu’a-t-il fait pour éviter cette fermeture ? Quels moyens humains ou financiers la ville et l’agglomération ont-elles engagé pour permettre la survie d’Amzer Nevez ou la transformation du site ? Une fois de plus, notre territoire paie le manque d’anticipation et l’isolement de ses décideurs.

Nous devons passer à l’action, faire bloc et nous mettre tous et toutes autour de la table : élu·e·s, artistes, associations, acteurs et actrices de la culture, des tiers-lieux, pour réfléchir à un modèle qui soit résilient et fasse renaître notre scène de musique traditionnelle. Je m’engage à accompagner cette démarche, et je me mets à la disposition du collectif mobilisé pour participer à la réflexion et trouver des solutions, y compris en portant le sujet auprès du parlement et devant le gouvernement.